Gamification / Tennis de Table & Jeu de Dames

Par rumpelstilschien – le 22/10/26 à 17h34 – Fédération

Gamification « Dès lors, la ludification peut conforter l'attachement de la foule envers une plateforme et même susciter une certaine addiction. »
Sophie Renault, Management des technologies organisationnelles (MTO), 2015, Cairn.info.

Le terme de gamification, ou ludification, n’est peut-être pas le plus heureux pour parler d’un jeu de réflexion pure comme le jeu de dames. Il s’agit ici, plus précisément, de la manière dont des outils numériques peuvent entretenir l’envie de jouer et de progresser. Je voulais partager à ce sujet un retour d’expérience.

J’ai, durant quelques années, pratiqué le tennis de table en amateur et participé à des compétitions. Ce qui m’a frappé lors de ces rencontres régulières, au-delà du niveau des matchs, c’était l’usage du smartphone par les joueurs, surtout les plus jeunes. J’étais, bien sûr, désespéré de voir tant de têtes penchées sur leur écran entre les matchs, avant, après… Bref, je vous épargne le tableau angoissant de la captation de l’attention… sauf, évidemment, lorsqu’elle s’exerce devant un damier de 100 cases !
Mais que regardaient-ils ?
Eh bien, ils suivaient leur évolution de joueur, au fil des résultats ! Qui vais-je rencontrer au match suivant ? Combien de points vais-je gagner si je bats ce joueur un peu mieux classé que moi ? Quelles performances réaliser pour quitter le niveau départemental et rejoindre le niveau régional ?
De nos jours, beaucoup d’entre nous ont dans la poche un ordinateur puissant, parfois plus récent que le laborieux portable que branche consciencieusement l’équipe organisatrice d’un tournoi de tennis de table, de jeu de dames ou d’échecs — parfois plusieurs, avec l’imprimante qui va bien pour les plus consciencieux.
Bien sûr, on peut objecter que tout cela n’est qu’un confort et une dépendance supplémentaire à ce maudit ordinateur de poche !

Cette anecdote me permet d’évoquer le site de la FFJD, dont les moyens ne sont évidemment pas ceux de la Fédération française de tennis de table. L’idée que chaque joueur licencié puisse avoir accès à un espace personnel est tout à fait séduisante. On touche alors, au-delà du site web, à un système d’information : un ensemble d’outils et de données au service des joueurs et de la fédération. Je m’arrête là, car je ne suis pas versé dans l’informatique : je parle simplement en tant qu’utilisateur final (End User) du site www.ffjd.fr.
Et j’imagine que c’est à ce moment-là que je me lance dans les critiques à l’endroit du site web. La première n’en est pas une : le site de la fédération semble indestructible… Comme un vieil outil qui a toujours rempli la tâche qu’on lui a assignée, quel que soit son utilisateur, et qui nous survivra, comme tout outil pensé pour durer. Sa base de données et la richesse des informations disponibles en font une ressource précieuse et une véritable vitrine fédérale.
En revanche, concernant l’UX (User Experience, ou expérience utilisateur) et l’UI (User Interface, ou interface utilisateur), mon impression est plus mitigée. L’organisation de la navigation et la présentation me semblent marquées par l’ancienneté du site.
La navigation sur smartphone devrait, selon moi, être une priorité : trouver un classement, un résultat ou la date d’un tournoi devrait demander le moins de manipulations possible. J’entre ici dans des considérations qui me dépassent un peu : il ne s’agit sans doute pas seulement de quelques retouches par un webmaster, mais d’un travail sur l’ergonomie et, peut-être, d’une refonte (presque) complète du site. Ces approches existaient déjà, mais les usages mobiles ont depuis pris une place considérable. Tout cela en gardant à l’esprit que "les conseilleurs ne sont (souvent) pas les payeurs !

Bien sûr, avant de rédiger ce sujet, j’ai regardé si l’herbe était plus verte ailleurs, du côté d’autres fédérations de jeux de réflexion [échecs / Go / Belote / Bridges]. Plusieurs des sites que j’ai consultés m’ont paru mieux adaptés à une consultation sur téléphone. C’est le principe du responsive design : une mise en page qui s’adapte à la taille de l’écran, qu’il s’agisse d’un téléphone, d’une tablette ou d’un ordinateur.
Je me suis aussi interrogé sur la place du forum. Là, le choix est davantage Politique - au sens premier du terme - l’organisation de la vie collective : comment arbitrer entre l’intérêt d’un espace d’échange et les contraintes de sa gestion ? Anonymat, modération, pertinence des discussions, redondance, concurrence d’autres plateformes comme WhatsApp, X ou Reddit… Une fédération peut choisir de concentrer ses moyens sur l’information, les compétitions, les clubs et l’organisation. Pour autant, faire disparaître le forum ne risquerait-il pas de nous couper d’une partie de la vie locale des ligues, des clubs et des tournois ? Je n’ai pas d’avis tranché. Sa présence ne me paraît pas, à elle seule, rendre un site plus ou moins professionnel : tout dépend de son utilité et des moyens disponibles pour le faire vivre.

Un autre point mérite de l’attention : la sécurité des connexions. Après vérification, la page d’accueil du site est accessible en HTTPS ; il serait donc inexact de parler d’une absence générale de ce protocole. Il resterait à vérifier que toutes les rubriques, notamment les formulaires de connexion, utilisent bien HTTPS et que les anciennes adresses HTTP y redirigent systématiquement. HTTPS chiffre les échanges, sans garantir à lui seul toute la sécurité d’un site. Quant au référencement, un site en HTTP peut toujours apparaître dans Google : son exclusion n’est pas automatique. En revanche, un avertissement « Non sécurisé » dans le navigateur peut inquiéter les visiteurs. [ le lien http://gestion.ffjd.fr/ ne l'est à priori pas]

J’espère n’avoir pas commis d’impair en ne vexant quiconque. J’ai bien conscience que notre fédération s’appuie sur le bénévolat et que le temps de chacun est précieux. Ces remarques concernent après tout essentiellement la présentation, mais aussi l’accès à l’information et la facilité d’utilisation. Cela peut compter pour des partenaires potentiels comme pour un jeune joueur qui consulte surtout son smartphone et utilise principalement son ordinateur pour jouer.

En vrac, quelques pistes (aussi) à discuter : une application FFJD, si elle apporte quelque chose de plus qu’un site bien adapté au mobile ? Des liens renforcés avec Lidraughts, déjà présent sur la page d’accueil ? Un sous-domaine dédié à chaque club ou ligue, par exemple https://mon-club.ffjd.fr, avec des outils de gestion des joueurs, des tournois et du calendrier, le tout sous une charte graphique commune ? Une lettre d’information ou un flux RSS ? Autant d’idées à mettre en regard des besoins réels et des moyens disponibles.

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